{"id":5540,"date":"2021-03-31T16:03:16","date_gmt":"2021-03-31T20:03:16","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=5540"},"modified":"2021-03-31T16:03:16","modified_gmt":"2021-03-31T20:03:16","slug":"rosalvo-bobo-par-charles-dupuy","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=5540","title":{"rendered":"Rosalvo Bobo par Charles Dupuy"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Rosalvo Bobo<\/strong> <em>par Charles Dupuy<\/em><\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: left;\">\n<li><span style=\"color: #000000;\"><strong>LE COIN DE L\u2019HISTOIRE<\/strong><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Il est peu d\u2019hommes politiques ha\u00eftiens qui auront men\u00e9 une vie aussi fr\u00e9n\u00e9tique, aussi tr\u00e9pidante et aussi mouvement\u00e9e que celle de Rosalvo Bobo. Politicien lib\u00e9ral, ardent patriote, Bobo, d\u00e8s l\u2019adolescence, \u00e9tonnait son entourage par sa pr\u00e9cocit\u00e9 intellectuelle, sa maturit\u00e9 d\u2019esprit et son int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour la chose publique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">N\u00e9 au Cap-Ha\u00eftien le 28 janvier 1874, il \u00e9tait le fils de Dorasie Wooley et d\u2019Alexandre Bobo un petit-fils de Dieudonn\u00e9 Bobo, prince et grand mar\u00e9chal d\u2019empire sous Soulouque. Form\u00e9 par les professeurs fran\u00e7ais au Lyc\u00e9e Philippe-Guerrier, le jeune Bobo allait, en peu de temps, acqu\u00e9rir une culture \u00e9tendue englobant les sciences naturelles, la philosophie, les langues et la musique. Il n\u2019avait que 18 ans quand son p\u00e8re, un riche commer\u00e7ant, l\u2019envoya \u00e9tudier la m\u00e9decine en France. Quand il revient au pays en 1898, l\u2019ancien interne des h\u00f4pitaux de Paris \u00e9tait devenu un jeune homme dans tout l\u2019\u00e9clat de son \u00e2ge. Bobo \u00e9tait une sommit\u00e9 m\u00e9dicale renomm\u00e9e et le d\u00e9tenteur des titres universitaires les plus convoit\u00e9s. Auteur d\u2019un c\u00e9l\u00e8bre trait\u00e9 de phytoth\u00e9rapie, <em>Les plantes m\u00e9dicinales d\u2019Ha\u00efti<\/em>, Bobo qui \u00e9tait docteur en droit et un pianiste de talent, parlait \u00e0 la perfection l\u2019anglais, l\u2019espagnol, l\u2019allemand, mais aussi l\u2019italien, le portugais et le russe. Mul\u00e2tre au visage \u00e9clabouss\u00e9 de taches de rousseur, Bobo poss\u00e9dait le don de la parole, pouvait magn\u00e9tiser les foules et, juste avant l\u2019Occupation am\u00e9ricaine, il portait presque seul les espoirs de la jeunesse \u00e9duqu\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En 1903, peu avant le centenaire de l\u2019ind\u00e9pendance, il publiait <em>\u00c0 propos du centenaire<\/em>, un pamphlet incendiaire dans lequel, avec une ironie sulfureuse, il propose de tenir, en lieu et place des c\u00e9l\u00e9brations pr\u00e9vues pour la circonstance, quelques journ\u00e9es de deuil et de repentir apr\u00e8s un si\u00e8cle sanglant fait de turpitudes, d\u2019\u00e9garement, de crimes politiques, de commotions civiles, de haines fraternelles et puis surtout, selon sa formule c\u00e9l\u00e8bre, d\u2019 \u00ab <em>esclavage du N\u00e8gre par le N\u00e8gre<\/em> \u00bb. Ardent firministe, nationaliste con &#8211; vaincu, observateur politique reconnu pour la vigueur incisive de ses \u00e9crits, sa lucidit\u00e9 d\u2019analyse et la fermet\u00e9 de ses prises de position, Bobo pouvait aussi agacer par son irascibilit\u00e9, son ent\u00eatement et cette belle assurance qui confinait \u00e0 la fatuit\u00e9 et \u00e0 la suffisance.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En 1910 le gouvernement d\u2019Antoine Simon signait la s\u00e9rie des \u00ab <em>contrats McDonald<\/em> \u00bb. Alarm\u00e9 par ces engagements financiers, Bobo d\u00e9non\u00e7ait les dangers que repr\u00e9sentaient cette inqui\u00e9tante accumulation d\u2019emprunts, de concessions de banque, de contrats de chemins de fer et de figues-bananes qui mena\u00e7aient la souverainet\u00e9 \u00e9conomique du pays. \u00ab <em>Faites attention<\/em>, proclamait-il, <em>la doctrine de Monroe d\u00e9ambule \u00e0 Port-au-Prince<\/em> [\u2026] <em>c\u2019est la prise par New York de la r\u00e9publique d\u2019Ha\u00efti, non pas \u00e0 coups de canon mais \u00e0 coups de dollars<\/em> \u00bb. Pour cette seule raison, il fut jet\u00e9 en prison par le pouvoir en place. Apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, il s\u2019exila, pour quelque temps, aux \u00celes Turques. Ses convictions lui vaudront toujours les d\u00e9sagr\u00e9ments d\u2019une vie chaotique entrecoup\u00e9e par des p\u00e9riodes d\u2019exil et d\u2019emprisonnement. Le docteur qui, entre-temps, s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Sarah Schomberg, une pianiste de renom, ne tarda pas \u00e0 s\u2019en s\u00e9parer. Apr\u00e8s cet \u00e9chec matrimonial, Bobo se r\u00e9signa \u00e0 la rude fatalit\u00e9 d\u2019un destin jalonn\u00e9 d\u2019\u00e9preuves et de malheurs violents. \u00c0 ce chapitre on notera que, quelques ann\u00e9es auparavant, Alexandre Bobo, son p\u00e8re, avait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 assassin\u00e9 chez lui, d\u00e9capit\u00e9 par un de ses domestiques atteint de folie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le 5 mai 1915, Rosalvo Bobo entrait avec son arm\u00e9e de Cacos au Cap-Ha\u00eftien. Mont\u00e9 sur son magnifique \u00e9talon bai, superbement fringu\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral Caco avec sa machette en bandouli\u00e8re, Bobo, suivi de ses hommes, traversa la ville inqui\u00e8te et silencieuse en longeant la rue Toussaint-Louverture. Toutefois, Bobo s\u2019\u00e9tait empar\u00e9 d\u2019une ville assi\u00e9g\u00e9e par les troupes r\u00e9guli\u00e8res du g\u00e9n\u00e9ral Probus Blot, ce qui rendait bien pr\u00e9caire sa situation strat\u00e9gique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Rappelons que les Am\u00e9ricains n\u2019entretenaient aucune sympathie particuli\u00e8re envers Bobo, cela, depuis que dans un de ses articles pol\u00e9miques, celui-ci avait lanc\u00e9 un retentissant \u00ab<em>Never<\/em>\u00bb au programme de con tr\u00f4le direct de l\u2019\u00e9conomie ha\u00eftienne que proposait Washington. Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Police g\u00e9n\u00e9rale sous Davilmar Th\u00e9odore, Bobo repoussera les propositions de contr\u00f4le des institutions financi\u00e8res ha\u00eftiennes que proposait le D\u00e9partement d\u2019\u00c9tat. Il disait bien vouloir ouvrir le pays aux investisseurs am\u00e9ricains dont il admirait l\u2019esprit d\u2019entreprise et l\u2019efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes, mais refusait de renoncer \u00e0 son autonomie administrative. Les principes de Rosalvo Bobo, sa doctrine, son opini\u00e2tret\u00e9 de caract\u00e8re, son ind\u00e9pendance de jugement et ses engagements d\u00e9plaisaient aux Am\u00e9ricains qui, d\u00e8s lors, ne voyaient plus en lui qu\u2019un agitateur radical et un mauvais charlatan.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Comme il arrivait dans le port du Cap le 17 juin pour y d\u00e9barquer les fusiliers-marins charg\u00e9s de prot\u00e9ger les ressortissants \u00e9trangers, le croiseur fran\u00e7ais <em>Descartes<\/em> tira une salve d\u2019honneur que les bobistes prirent pour le bombardement de la ville par le <em>Nord-Alexis<\/em>. Profitant de la panique, les soldats du g\u00e9n\u00e9ral Blot entr\u00e8rent dans la ville en poussant des cris de rage. Maintenant refoul\u00e9 dans son quartier g\u00e9n\u00e9ral de Caracol, Bobo pensait aux moyens d\u2019assi\u00e9ger de nouveau le Cap et de le reconqu\u00e9rir. Mais quand, le 1er juillet 1915, le contre-amiral William B. Caperton entra dans la rade \u00e0 bord du <em>Washington<\/em>, les plus perspicaces d\u2019entre les rebelles comprirent que tous leurs espoirs de voir triompher leur r\u00e9volution venaient d\u2019\u00eatre an\u00e9antis.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En apprenant la chute de G u i l l a u m e &#8211; S a m, le Washington quitta la rade du Cap en direction de la capitale en crachant le feu par toutes ses chemin\u00e9es. Caperton ordonna \u00e0 son escadre d\u2019emp\u00eacher que l\u2019un quelconque des trois mille Cacos de Bobo ne franchisse le pont Hyppolite sans se laisser d\u00e9sarmer. Ceux qui tent\u00e8rent de passer par le pont du Haut-du-Cap essuy\u00e8rent le feu des Marines et quant aux plus aventureux qui partirent de la Petite-Anse au galop pour forcer le barrage, ils furent fauch\u00e9s par les obus du <em>Eagle&#8230;<\/em> l\u2019Occupation am\u00e9ricaine venait de commencer, elle faisait ses premi\u00e8res victimes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le massacre de la Prison centrale de Port-au-Prince et le lynchage de Guillaume-Sam fournirent \u00e0 Caperton la justification inesp\u00e9r\u00e9e d\u2019un d\u00e9barquement pacifique et ordonn\u00e9 des premiers contingents de Marines sur les plages de Bizoton. Il pourra pr\u00e9tendre venir ramener l\u2019ordre dans une capitale en folie et livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame. Port-au-Prince appartenait toutefois au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif r\u00e9volutionnaire de Rosalvo Bobo, dont les membres avaient pris le contr\u00f4le de la police, du Tr\u00e9sor, de la douane et des T\u00e9l\u00e9graphes terrestres en attendant l\u2019arriv\u00e9e imminente de Bobo, le Chef supr\u00eame de la r\u00e9volution et futur chef d\u2019\u00c9tat.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-5517 alignleft\" src=\"http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/h-o-31-mars-2021rosalvobobo-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/h-o-31-mars-2021rosalvobobo-300x168.jpg 300w, http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/h-o-31-mars-2021rosalvobobo.jpg 325w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Caperton bannissait cette \u00e9ventualit\u00e9. Il d\u00e9p\u00eacha donc \u00e0 Caracol une d\u00e9l\u00e9gation dirig\u00e9e par l\u2019archev\u00eaque de Port-au-Prince Mgr Conan et l\u2019ancien pr\u00e9sident L\u00e9gitime, charg\u00e9e de raccompagner Bobo dans la capitale tout en le pr\u00e9venant, lui et son g\u00e9n\u00e9ral Beno\u00eet Rameau, que toute tentative de conduire leurs troupes cacos dans la capitale entra\u00eenerait des affrontements violents avec les Marines.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Quand, le 5 ao\u00fbt, Bobo d\u00e9barqua du <em>Jason<\/em>, Port-au-Prince l\u2019accueillit dans un d\u00e9lire populaire que pouvait seulement rappeler l\u2019arriv\u00e9e de Salnave dans la capitale. Le pays traversait alors sa plus grave crise depuis son ind\u00e9pendance et le peuple sentait d\u2019instinct la n\u00e9cessit\u00e9 de se rallier \u00e0 un homme fort, s\u2019accrochait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 ce mod\u00e8le d\u2019int\u00e9grit\u00e9 et de d\u00e9votion patriotique, \u00e0 ce fier et intransigeant docteur Bobo qui recueillait pourtant l\u00e0 le dernier triomphe de sa carri\u00e8re politique. Pendant que Bobo \u00e9tait pl\u00e9biscit\u00e9 dans la plus folle exub\u00e9rance par les foules de Port-au-Prince, les Marines bivouaquaient au Champ de Mars, occupaient les casernes Dessalines, l\u2019Arsenal, le Fort-National et tous les autres postes militaires de la capitale. Malgr\u00e9 les notes de protestations du Comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, ils d\u00e9sarmaient les soldats, montaient la garde devant les \u00e9difices publics, assuraient le maintien de l\u2019ordre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Il ne restait plus que deux forces civiles organis\u00e9es dans le pays, le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif et l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative. Si la premi\u00e8re appartenait au docteur Bobo, les Am\u00e9ricains s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 empar\u00e9s du second. Le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif (Charles de Delva, Charles Zamor, Ermane Robin, Samson Mompoint, L\u00e9on Nau, Eribert Saint-Vil No\u00ebl, Edmond Polynice) semblait dominer la situation. Bobo b\u00e9n\u00e9ficiait de l\u2019adh\u00e9sion des masses, la presse publiait le flot de t\u00e9l\u00e9grammes de soutien qui lui arrivait de partout au pays et les parlementaires eux-m\u00eames venaient faire la cour au nouveau pouvoir. \u00c0 ces derniers toutefois, c\u2019est un Rosalvo Bobo tr\u00e8s rogue qui annonce la prochaine dissolution de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative issue, comme chacun sait, des \u00e9lections frauduleuses de 1913. Homme poli en toutes circonstances, Bobo avait toutefois de la difficult\u00e9 \u00e0 cacher son d\u00e9dain \u00e0 l\u2019\u00e9gard des politiciens qu\u2019il \u00e9crasait de sa sup\u00e9riorit\u00e9 intellectuelle, une attitude de m\u00e9pris dont il allait devoir payer le prix. En effet, les parlementaires se concerteront bient\u00f4t pour l\u2019\u00e9carter de la pr\u00e9sidence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">La partie de bras de fer se termina le 11 ao\u00fbt, quand, en r\u00e9plique au d\u00e9cret de dissolution de l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, le capitaine du <em>Washington<\/em>, le commandant E. L. Beach, convoqua les membres du Comit\u00e9 \u00e0 la l\u00e9gation am\u00e9ricaine pour leur annoncer qu\u2019il les consid\u00e9rait d\u00e9sormais comme des ennemis publics des \u00c9tats-Unis. Le m\u00eame jour, Beach convoquait les parlementaires ha\u00eftiens dans une salle de cin\u00e9ma (le Parisiana) pour leur confirmer la tenue des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles qui auraient lieu le lendemain. Au cours de cette r\u00e9union informelle des d\u00e9put\u00e9s et s\u00e9nateurs, Beach leur donna lecture de cette d\u00e9p\u00eache \u00e9manant du D\u00e9partement d\u2019\u00c9tat annon\u00e7ant que les \u00c9tats-Unis s\u2019attendaient \u00e0 ce qu\u2019on leur confie \u00ab <em>le contr\u00f4le pratique des douanes et tout autre contr\u00f4le financier sur les affaires de la R\u00e9publique d\u2019Ha\u00efti<\/em>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le 12 ao\u00fbt, au matin, pendant qu\u2019un violent cyclone tropical ravageait la plaine des Cayes, les Marines, ba\u00efonnette au canon et revolver \u00e0 la ceinture, se r\u00e9pandaient, v\u00eatus de leur<em> raincoat<\/em> jaune, aux abords du Palais l\u00e9gislatif. C\u2019est l\u00e0 que, selon les Am\u00e9ricains, allaient se d\u00e9rouler les premi\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles libres et d\u00e9mocratiques qui se furent jamais tenues en Ha\u00efti. En pr\u00e9sence du capitaine Beach, chaque parlementaire se l\u00e8ve et va d\u00e9poser son bulletin de vote dans l\u2019urne. Apr\u00e8s d\u00e9pouillement du scrutin, on comptera 94 voix sur 116 en faveur de Sudre Dartiguenave.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Alors que les canons du Fort-National saluaient le nouvel \u00e9lu, un citoyen ha\u00eftien de 42 ans entrait se r\u00e9fugier au consulat du Royaume-Uni. C\u2019\u00e9tait Rosalvo Bobo. Apr\u00e8s avoir obtenu trois voix aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, Rosalvo Bobo avait d\u00e9cid\u00e9 de quitter son pays pour commencer un long et p\u00e9nible exil qui ne prendra fin qu\u2019\u00e0 sa mort, survenue \u00e0 Paris, en 1929. C.D. coindelhistoire@gma il.com (514) 862-7185.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur, \u00e9dition du 31 mars 2021 <strong>VOL. LI, No. 13<\/strong> New York, et se trouve en <strong>P. 5<\/strong> \u00e0 : <a href=\"http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/h-o-31-mars-2021-1.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/h-o-31-mars-2021-1.pdf<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rosalvo Bobo par Charles Dupuy LE COIN DE L\u2019HISTOIRE Il est peu d\u2019hommes politiques ha\u00eftiens qui auront men\u00e9 une vie aussi fr\u00e9n\u00e9tique, aussi tr\u00e9pidante et aussi mouvement\u00e9e que celle de Rosalvo Bobo. Politicien lib\u00e9ral, ardent patriote, Bobo, d\u00e8s l\u2019adolescence, \u00e9tonnait son entourage par sa pr\u00e9cocit\u00e9 intellectuelle, sa maturit\u00e9 d\u2019esprit et son int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour la chose publique. N\u00e9 au Cap-Ha\u00eftien le 28 janvier 1874, il \u00e9tait le fils de Dorasie Wooley et d\u2019Alexandre Bobo un petit-fils de Dieudonn\u00e9 Bobo, prince et grand mar\u00e9chal d\u2019empire sous Soulouque. 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