{"id":5343,"date":"2021-02-17T08:35:54","date_gmt":"2021-02-17T13:35:54","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=5343"},"modified":"2021-02-17T08:35:54","modified_gmt":"2021-02-17T13:35:54","slug":"adieu-johnny-pacheco-par-thierry-antha","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=5343","title":{"rendered":"Adieu Johnny Pacheco par Thierry Antha"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Adieu Johnny Pacheco<\/strong> <em>par Thierry Antha<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Le 25 mars 25, 1935, \u00e0 Santiago de los Caballeros, en R\u00e9publique dominicaine, na\u00eet Juan Zacar\u00edas Pacheco Knipping. De son p\u00e8re, Rafael Azar\u00edas Pacheco, chef d\u2019orchestre et clarinettiste de San ta Cecilia Orchestra, il va h\u00e9riter de l\u2019\u00e9norme passion pour la musique. Au moment o\u00f9 sa famille \u00e9migre \u00e0 New York, en 1946, le gamin n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e2g\u00e9 de onze ans quand il s\u2019inscrit \u00e0 Juillard School, en vue de poursuivre ses \u00e9tudes musicales en percussion. Il s\u2019y met avec brio \u00e0 telle enseigne qu\u2019il en deviendra l\u2019un des meilleurs de son \u00e9poque. Cependant il ne se limite pas \u00e0 la ma\u00eetrise de la percussion, Johnny Pacheco joue aussi le saxophone, l\u2019accord\u00e9on, et la fl\u00fbte avec une doigt\u00e9e des plus \u00e9tonnantes. Cette polyvalence instrumentale fera de lui un homme-orchestre \u00e0 plusieurs dimensions.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Dot\u00e9 de cet immense talent musical et du don inn\u00e9 de leader, Johnny Pacheco cr\u00e9e son premier orchestre l\u00e9gendaire, Pacheco y Su Charanga, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt-cinq ans, en 1960. Comme aux \u00e2mes bien n\u00e9es, la valeur n\u2019attend point le nombre des ann\u00e9es, son premier album se vend \u00e0 plus de cent mille exemplaires, en moins d\u2019une ann\u00e9e, pour \u00eatre consacr\u00e9 le mieux vendu de toute production latine de l\u2019an. Son immense international va cr\u00e9er une marque d\u00e9pos\u00e9e du genre musical Pachanga, qui est une fusion commerciale issue de la premi\u00e8re syllabe de son nom Pacheco avec le premier et la derni\u00e8re syllabe du nom de son orchestre Charanga. Cette innovation musicale le propulse au rang de vedette internationale dont la carri\u00e8re musicale le conduira en tours aux Etats-Unis, Europe, Asie, en Am\u00e9rique Latine, et en Afrique. L\u2019\u00e9toile musicale de Johnny Pacheco brille de mille feux, si bien que son orchestre sera le premier groupe musical espagnol \u00e0 prester comme t\u00eate d\u2019affiche \u00e0 l\u2019Apollo Theater, \u00e0 Harlem, en 1962 et 1963. Et comme par enchantement, vers la fin de 1963, avec son avocat Am\u00e9ricano-Italien, Jerry Masucci, Pacheco fonde la compagnie discographique Fania Records, qui deviendra le seul porte-\u00e9tendard de toutes les grandes vedettes espagnoles pendant plusieurs d\u00e9cennies.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">En tant que directeur artistique, producteur-musicien, et ex\u00e9cutif de sa compagnie, Johnny Pacheco va lancer la carri\u00e8re musicale de plusieurs grands noms de la Fania, notamment Ray Barretto, Bobby Valentin, et Rub\u00e9n Blades. En 1967, comme pour cr\u00e9er une meilleure symbiose artistique de tous les grands noms de sa compagnie, Pacheco cr\u00e9e le super-groupe de Fania All-Stars, o\u00f9 prestent toutes les ic\u00f4nes de la musique latine des Cara\u00efbes, comme Tito Puente, H\u00e9ctor Lavoe et Celia Cruz. Cette ing\u00e9niosit\u00e9 manag\u00e9riale et musicale propulsera la musique tropicale dans les meilleurs firmaments des arts et spectacles du monde. Le succ\u00e8s est foudroyant, au point que l\u2019attraction vers la salsa et autres am\u00e8ne la coop\u00e9ration de grands noms am\u00e9ricains du monde de la musique de jazz et pop, comme Quincy Jones, Stan Kenton, Tony Bennett, George Benson, Sammy Davis jr., Ethel Smith, voire Stevie Wonder.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Parlant des tourn\u00e9es mondiales de Fania All-Stars, l\u2019honneur m\u2019est \u00e9chu de couvrir leur prestation au Za\u00efre (Congo DRC), en 1974, au cours du fameux combat du si\u00e8cle de la boxe, entre George Foreman et Muhammad Ali, \u00e0 Kinshasa. Le plus grand festival de tous les temps au cours duquel les vedettes noires am\u00e9ricaines, telles que James Brown, les Pointer Sisters, BB King et les Fania All-Stars se sont disput\u00e9 la vedette avec les plus grands orchestres modernes du pays, de sept heures du soir \u00e0 trois heures du matin. Johnny Pacheco a conduit de mains de ma\u00eetre son Fania All-Stars avec une joie tout azimut, telle qu\u2019il ne cessait de terminer chaque chanson du groupe avec un cri heureux en Espagnol : \u00ab Que viva la musica ! \u00bb. Sa glorification de la musique inspirera mon ami Jules Shungu, alias Papa Wemba, de nommer son nouvel orchestre Viva-La-Musica, en d\u00e9cembre 1974.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Au-del\u00e0 d\u2019une carri\u00e8re musicale fulgurante, Johnny Pacheco s\u2019est construit aussi une carri\u00e8re de producteur cin\u00e9matographique, dans le but de mieux positionner la musique Salsa sur le plan international. Pour son bapt\u00eame de feu, en 1992, avec Antonio Banderas, il lance \u00ab Los Reyes del Mambo \u00bb (\u00ab The Mambo Kings \u00bb) et autres. En 1999, son musical \u00ab Who Killed Hector Lavoe ? \u00bb \u00e9tend son horizon musical \u00e0 Broadway. Parmi ses nombreuses lettres de noblesse, on doit reconna\u00eetre au maestro de Fania All-Stars une tr\u00e8s grande d\u00e9votion pour la communaut\u00e9 latine dans le monde. Pour ce faire, en 1994, il cr\u00e9era une bourse scolaire octroy\u00e9e \u00e0 un \u00e9tudiant latin pour sa premi\u00e8re ann\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Une autre dimension de son grand humanisme et solidarit\u00e9 pour les causes nobles, dont sa prestation au Concert for Life, en 1988, \u00e0 New York, pour la collecte des fonds pour mener la lutte contre le Sida.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Son histoire des troph\u00e9es musicales est des plus nobles et des plus faramineux. Candidat pour neuf Grammy Awards, d\u00e9tenteur de dix disques d\u2019or, et d\u2019innombrables troph\u00e9es aur\u00e9olent sa superbe carri\u00e8re musicale d\u2019auteur, d\u2019arrangeur, de percussioniste, de fl\u00fbtiste, de producteur, et de chef d\u2019orchestre. En 1998, il a \u00e9t\u00e9 reconnu dans le panth\u00e9on des meilleurs de la Musique latine internationale. Un pr\u00e9sage des m\u00e9rites acquis pour ses accomplissements que lui d\u00e9cernera l\u2019Acad\u00e9mie latine de l\u2019industrie du disque, en 2005. Surnomm\u00e9 le \u00ab Godfather of salsa \u00bb, Pacheco a compos\u00e9 plus de 150 titres, dont plusieurs sont devenus musiques anthologiques et classiques latines \u2014 comme \u00abLa Dicha M\u00eda \u00bb, \u00ab Qu\u00edtate Tu Pa\u2019Ponerme Yo \u00bb \u00ab Acuyuye \u00bb et \u00ab El Rey De La Puntualidad \u00bb. La l\u00e9gende de la salsa a perdu sa bataille contre la pneumonie, au Holy Name Medical Center, \u00e0 Teaneck, dans l\u2019\u00e9tat de New Jersey, ce lundi de f\u00e9vrier 16, 2021, d\u2019apr\u00e8s sa femme, Maria Elena Pacheco. Adieu Johnny Pacheco !<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #000000;\">Cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur, \u00e9dition du 17 f\u00e9vrier 2021 <strong>VOL. LI, No. 7<\/strong> New York, et se trouve en <strong>P. 5<\/strong> \u00e0 : <a href=\"http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/H-O-17-fev-2021.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/H-O-17-fev-2021.pdf<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adieu Johnny Pacheco par Thierry Antha Le 25 mars 25, 1935, \u00e0 Santiago de los Caballeros, en R\u00e9publique dominicaine, na\u00eet Juan Zacar\u00edas Pacheco Knipping. 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