{"id":4428,"date":"2020-09-23T23:41:20","date_gmt":"2020-09-24T03:41:20","guid":{"rendered":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=4428"},"modified":"2020-09-27T23:49:45","modified_gmt":"2020-09-28T03:49:45","slug":"quand-le-banditisme-prime-sur-letat-en-haiti-par-michel-leandre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/haiti-observateur.org\/?p=4428","title":{"rendered":"Quand le banditisme prime sur l\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti&#8230; par Michel L\u00e9andre"},"content":{"rendered":"<p><strong>Quand le banditisme prime sur l\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti&#8230;<\/strong> <em>par Michel L\u00e9andre<\/em><\/p>\n<p>Les bandits arm\u00e9s deviennent maitres des vies et des biens en Ha\u00efti, \u00e0 la faveur des premiers \u00e9v\u00e9nements-tests des 7 et 8 juillet 2018 o\u00f9 des casseurs pillaient, incendiaient des \u00e9tablissements de commerce \u00e0 Port-au-Prince, sans la moindre intervention des forces de s\u00e9curit\u00e9 ha\u00eftiennes pourtant concentr\u00e9es \u00e2 la capitale. Durant ces deux journ\u00e9es, la Police nationale d\u2019Ha\u00efti (PNH) et ses unit\u00e9s muscl\u00e9es d\u2019intervention restaient \u00e0 leurs bases alors que les diff\u00e9rents m\u00e9dias diffusaient des images de ces \u00e9pisodes.<\/p>\n<p>Des palabres s\u2019en suivaient, mais la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait ce qu\u2019elle \u00e9tait : meurtres, vols, viols, incendies, barricades enflamm\u00e9es, menaces, peur \u00e0 travers une capitale sous la f\u00e9rule des bandits op\u00e9rant \u00e0 visage d\u00e9couvert.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat d\u2019Ha\u00efti, dont on se plaignait de la non-existence, mon trait nettement qu\u2019il est incapable d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des vies et des biens, son r\u00f4le primaire. La plaie reste ouverte jusqu\u2019au 17 octobre ou les Ha\u00eftiens assistaient \u00e0 l\u2019agonie de l\u2019\u00c9tat. Depuis, les bandits, comme des loups sortis de leur tani\u00e8re, se pavanent sans masque \u00e0 travers Port-au-Prince, lourdement arm\u00e9s d\u2019engins automatiques et flanqu\u00e9s de leurs principaux lieutenants, se la coulant bien dans les bars et les principaux lieux de d\u00e9tente, tant \u00e0 P\u00e9tion-Ville que dans les quartiers les plus hupp\u00e9s de l\u2019aire m\u00e9tropolitaine, sans la moindre inqui\u00e9tude.<\/p>\n<p><strong>Banditisme et politique<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9gimes politiques, qui se sont succ\u00e8des au pouvoir, apr\u00e8s la chute des Duvalier avaient d\u2019ordinaire utilis\u00e9 les services de gens malintentionn\u00e9s, v\u00e9ritables d\u00e9fenseurs de leurs causes dans les quartiers d\u00e9favoris\u00e9s de la capitale et des villes de province. Une activit\u00e9 lucrative, certes, qui attire les ch\u00f4meurs s\u2019organisant pour cr\u00e9er des cellules baptis\u00e9es bases, sous Aristide deuxi\u00e8me version. Maintenant l\u2019ensemble du pays est constitu\u00e9 de bases avec des hommes arm\u00e9s s\u2019autoproclamant commandants. Mais en r\u00e9alit\u00e9 ce sont de v\u00e9ritables truands qui tuent, ravagent, violent, etc., dans le but de maintenir leur autorit\u00e9 dans leur fief. Et gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent arrach\u00e9 aux honn\u00eates gens, ils jouent le bonpapa en aidant certaines familles n\u00e9cessiteuses.<\/p>\n<p>En clair, les bandits sont les bras longs de certains politiciens qu\u2019ils assurent des votes de leur fief aux \u00e9lections. Une fois en porte \u00e0 faux avec la police, ces m\u00eames politiciens interviennent pour s\u2019assurer qu\u2019ils ne passent une seule nuit en prison. Une complicit\u00e9 sans borne, puisque les bandits tirent un salaire et des frais du ou des politiciens qui les soutiennent. Il s\u2019ensuit que les bandits n\u2019ont aucun \u00e9gard pour les policiers et deviennent plus arrogants au fil du temps.<\/p>\n<p>L\u2019on se questionne sur les moyens d\u2019approvisionnement en armes et munitions ces malfrats qui peuvent passer une journ\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 se d\u00e9fendre contre les attaques d\u2019autres gangs rivaux, voire m\u00eame face aux unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es de la PNH. Par exemple, le mercredi 17 octobre 2018, n\u2019ont-ils pas r\u00e9cidiv\u00e9, r\u00e9duisant \u00e0 n\u00e9ant la strat\u00e9gie de la Police, au Pont Rouge, en pr\u00e9sence m\u00eame du pr\u00e9sident du pays, pendant que tous les quartiers \u00e9taient en \u00e9bullition ? En effet, des bandits arborant leurs armes de guerre, circulaient, terrorisaient et organisaient des festins qui se terminaient tard dans la soir\u00e9e. Entre temps, des agents de police bouclaient les p\u00e9rim\u00e8tres de l\u2019aire m\u00e9tropolitaine et patrouillaient les rues. Les bandits ne s\u2019en inqui\u00e9taient m\u00eame pas, vu qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 mis \u00e0 ex\u00e9cution leur plan durant la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Le vendredi 2 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, les forces de l\u2019ordre lan\u00e7aient une op\u00e9ration, en vue de d\u00e9loger le puissant chef de gang Anel en cavale. Huit de ces lieutenants sont dans les filets de la police.et une soixantaine de complices sont arr\u00eat\u00e9es. Les policiers entendaient rester sur les lieux en vue, selon leur porte-parole, de pacifier la zone. L\u2019action des bandits arm\u00e9s de Cit\u00e9 de Dieu, au Bicentenaire, et de Grand Ravine, sont n\u00e9fastes pour les voyageurs empruntant la route Nationale No 2, qui dessert 4 d\u00e9partements g\u00e9ographiques : Sud-Est, Nippes, Sud et Grande Anse. Ces d\u00e9partements, r\u00e9put\u00e9s greniers de la capitale, n\u2019y arrivent pas \u00e0 acheminer leurs denr\u00e9es et produits alimentaires \u00e0 destination. Ce qui cr\u00e9e une raret\u00e9, occasionnant une flamb\u00e9e rapide des prix. Comme con s\u00e9quence de cette situation, la population de Carrefour, de Mariani, de Grossier, de L\u00e9og\u00e2ne, de Grand-Go\u00e2ve et de Petit-Go\u00e2ve n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 la capitale pour s\u2019approvisionner en produits import\u00e9s utiles au m\u00e9nage.<\/p>\n<p>Somme toute, une population \u00e0 la merci des bandits op\u00e9rant en toute libert\u00e9. La noble raison d\u2019\u00c9tat est contingent\u00e9e par la volont\u00e9 des gangs arm\u00e9s. Nous sommes en train de vivre la <em>somatisation<\/em> progressive des quartiers d\u00e9favoris\u00e9s, dont les acteurs risquent d\u2019\u00e9tendre leurs tentacules dans les zones dites ais\u00e9es ou consid\u00e9r\u00e9es fiefs des classes moyennes.<\/p>\n<p>Vers la fin du mois d\u2019aout 2020, la confusion atteignait son comble, car les bandits se structurent en vue d\u2019une fin non encore \u00e9lucid\u00e9e, alors que les strat\u00e9gies mal d\u00e9finies par les autorit\u00e9s \u00e9tatiques n\u2019inspirent aucune confiance de voir la paix et la s\u00e9curit\u00e9 au rendez-vous. ML<\/p>\n<hr \/>\n<p>cet article est publi\u00e9 par l\u2019hebdomadaire Ha\u00efti-Observateur (New York) \u00e9dition du 23 septembre 2020, <strong>VOL. L No.37<\/strong>\u00a0et se trouve en <strong>P. 3<\/strong> \u00e0 :\u00a0 <a href=\"http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/H-O-23-septembre-2020.pdf\">http:\/\/haiti-observateur.org\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/H-O-23-septembre-2020.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand le banditisme prime sur l\u2019\u00c9tat en Ha\u00efti&#8230; par Michel L\u00e9andre Les bandits arm\u00e9s deviennent maitres des vies et des biens en Ha\u00efti, \u00e0 la faveur des premiers \u00e9v\u00e9nements-tests des 7 et 8 juillet 2018 o\u00f9 des casseurs pillaient, incendiaient des \u00e9tablissements de commerce \u00e0 Port-au-Prince, sans la moindre intervention des forces de s\u00e9curit\u00e9 ha\u00eftiennes pourtant concentr\u00e9es \u00e2 la capitale. 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